Translate

samedi 29 mai 2021

 « Le plancher en grumes équarries et juxtaposées avec précision était couvert de lumineuses couvertures indiennes et de peaux tannées d’ours et de pumas. Jaune et noire sur la chaux blanche, une grande peau de jaguar parait un des murs épais. Un étendard de soie terni par les intempéries lui faisait face. Il était brodé de l’aigle et du serpent mexicains et portait les mots « compañia militar de Bavinuchi – Equidad en la Justicia ». Derrière lui était suspendu tout un arsenal de mousquets, fusils, revolvers, sabres et coutelas et leurs divers accessoires. A l’autre bout de la pièce, dans une niche pratiquée sous une solive sculptée, deux chandelles brûlaient devant une icône en bois orné d’or représentant la Vierge de Guadalupe. » The Wonderful Country. Tom Lea. 1952. Actes Sud. P 260.

vendredi 19 mars 2021

 

Si le coronavirus était une personne, elle serait :

- Un anticapitaliste : les bourses du monde entier se sont effondrées. Les usines fermes. Le chômage s’étend.

- Un écologiste : plus d’avions, plus de bateaux, plus de voitures. L’air des villes chinoises est redevenu transparent et sain.

- Un misanthrope : il est contre les groupes, les rassemblements, les familles.

- Un janséniste : on ne se touche pas, on ne s’embrasse pas.

- Un tueur de vieux. 90% des morts ont plus de 65 ans. Pour les plus de 80 ans, les statistiques doivent être effrayantes. C’est pourquoi on ne les donne pas.

D’après mais la vie continue de Bernard Pivot. Albin Michel. P.203.

mardi 16 février 2021

 

Les héros ont notre langage, nos faiblesses, nos forces. Leur univers n’est ni plus beau, ni plus édifiant que le nôtre. Mais eux, du moins courent jusqu’au bout de leur destin et il n’est jamais de si bouleversants héros que ceux qui vont jusqu’à l’extrémité de leur passion… Albert Camus.  L’homme révolté. Cité dans Le vent de la pleine d’Alan Le May Actes Sud. P. 255.

mardi 19 janvier 2021

 

René Zazzo dans un de ses ouvrages écrit : J’ai adressé à une centaine de personnes (psychiatres, médecins, psychologue du centre Saint-Anne) une liste d’environ 120 noms du monde de la psychiatrie. Il s‘agissait de cocher d’une croix le nom d’une personne qu’il considérait comme con. La quasi-totalité des questionnaires me fut retournée. 2 résultats sautaient aux yeux : 4 ou 5 noms étaient crédités par plus de 85% des votants mais aussi aucun nom n’était exempt de croix. En bref chacun de nous est le con de quelqu’un.

Courrier des lecteurs Sciences-Humaines n° 333 février 2021. Extrait du message signé Michel Huteau

vendredi 8 janvier 2021

 

Le Petit Larousse nous présente chaque année quelques mots dont la définition a été revue et corrigée.

- Adolescence :

L’ennui d’être seul

L’envie d’être deux

La peur d’être trois

- Baby sitters

Adolescents tenus de se conduire comme des adultes, de manière à ce que les adultes qui sortent puissent se comporter comme des adolescents.

dimanche 27 décembre 2020

 

Dimanche 27 décembre 2020 :

Des pâtes sans eau ? Qu’est-ce donc que ce truc ?... Vous devinant interloqués, je vous dévoile la recette en passant :

D'abord les ingrédients (pour quatre personnes ou trois gros mangeurs) :  1 paquet de 500 grammes de penne (de préférence de la marque « De Cecco »), 2 kilos de tomates, 3 gousses d’ail, 1 oignon, 3 carottes, 100 grammes de beurre, 1 branche de céleri, 200 grammes de petits pois, 2 belles tranches de bacon, 5 feuilles de basilic, 1 cuillerée à soupe d’huile d’olive, 2 cubes de bouillon de bœuf, une demi-bouteille de vin blanc (sec), sel, poivre.

Commencez par épépiner, peler et découper en dés vos tomates. Le céleri, l’ail et l’oignon sont hachés et ciselés finement. Le bacon est découpé en lamelles, tandis que le basilic frais est aussi ciselé. Puis dans une grande casserole, faites chauffer 1 litre d’eau, votre vin blanc et les 2 cubes de bouillon et ajouter les carottes et les petits pois. A côté, dans une grande cocotte (qui n’attache pas), faites frémir le beurre et votre cuillère d’huile d’olive. Saler, poivrer, puis faites cuire votre bacon. Maintenant, on verse les tomates, l’ail, l’oignon, et le céleri. Quand votre cuisson commence à prendre, les pennes rejoignent ladite cocotte. Dès que les ingrédients commencent à attacher, versez régulièrement (et avec amour) votre bouillon (resté dans la casserole) en touillant le tout avec une spatule en bois pendant 15 minutes. N’oubliez pas de mettre votre basilic frais au dernier moment.

C’est fini, maintenant à table. Et qu’est-ce qu’on boit avec ça ? Un Bourgueil frais, un bon bordeaux ou encore un valpolicella sont vivement conseillés par la maison (pas les trois en même temps). Bon appétit !

Eddy Mitchell. Le dictionnaire de ma vie. Kero. P. 64

MARDI 13 OCTOBRE 2020 :

 "Elle avait toujours observé qu'elle s'entendait mieux avec les femmes intelligentes qu'avec les sottes comme elle ; jamais les sottes ne pourraient comprendre sa sagesse tandis que les femmes réellement intelligentes comprendraient toujours sa sottise."

Henry James. Portrait de femme. Liana Levi. p 524.

mardi 13 octobre 2020

 

"Elle avait toujours observé qu'elle s'entendait mieux avec les femmes intelligentes qu'avec les sottes comme elle ; jamais les sottes ne pourraient comprendre sa sagesse tandis que les femmes réellement intelligentes comprendraient toujours sa sottise."

Henry James. Portrait de femme. Liana Levi. p 524.

vendredi 19 juin 2020

Portrait de Robespierre par Hippolyte Taine 1828-1893 dans "Les origines de la France contemporaine":
Le cuistre, c'est l'esprit creux et gonflé qui, parce qu'il est plein de mots, se croit plein d'idées, jouit de ses phrases et se dupe lui-même pour régenter autrui. C'est un hypocrite qui se croit sincère, un Caïn qui se prend pour Abel" In Pour rendre la vie plus légère. Mona Ozouf. Stock. p. 256

dimanche 7 juin 2020


Chaque fois que la nature a donné à l’esprit un penchant pour un vice ou une passion désagréable, une éducation raffinée vise à apprendre aux hommes à suivre la pente opposée et à maintenir dans toute leur conduite l’apparence de sentiments différents de ceux auxquels ils inclinent naturellement. Ainsi, comme nous sommes communément fiers, égoïstes et portés à nous préférer à autrui, la politesse nous apprend à nous conduire avec déférence envers nos compagnons et à leur céder la préséance dans toutes les circonstances communes de la vie en société. David Hume. 1711-1776 Sur l’origine et le progrès des arts et des sciences. In Mona Ozouf, Pour rendre la vie plus légère, p.161, Stock.

vendredi 29 mai 2020


Il existe des natures chez lesquelles, si elles nous aiment, nous trouvons le sentiment d’une sorte de baptême et de consécration, elles nous obligent à la rectitude et à la pureté par leur pure croyance en nous. Nos péchés deviennent la pire espèce de sacrilège Middlemarch George Eliot.

vendredi 22 mai 2020


A propos de la puissance de l’abstraction égalitaire et de cette nécessité inscrite chez Tocqueville de modérer la démocratie, je voudrais évoquer les réflexions de James sur l’enfance. Dans La scène américaine, livre de voyage à travers les Etats-Unis, James constate que les enfants sont devenus omniprésents et il les définit comme des « petits démocrates endiablés par la démocratie ». Dans une nouvelle magnifique, Le Point de vue, qui constitue une sorte de réflexion polyphonique parce qu’épistolaire sur les rapports entre Europe et Amérique, on trouve la lettre d’une certaine Miss Sturdy. Elle dit ceci : « La jeunesse nous dévore. Il n’y en a que pour la jeunesse en Amérique. Ce pays est fait pour la génération montante, tout est organisé pour elle. Elle a détruit toute société. Les gens parlent de la jeunesse, la considèrent, la respectent, s’inclinent devant elle. Elle est partout, et partout où elle est, c’est la fin de tout le reste. Elle est souvent superbe, on prend merveilleusement soin de son physique, elle est brossée et récurée, elle porte des vêtements hygiéniques, elle va toutes les semaines chez le dentiste. Mais les petits garçons vous donnent des coups de pied dans les jambes et les petites filles sont prêtes à vous flanquer des gifles. Il y a une énorme littérature qui leur est exclusivement adressée, où les coups de pied dans les tibias et les gifles dans le visage sont hautement recommandés. En tant que femme de cinquante ans, je proteste : je tiens à être jugée par mes pairs. C’est trop tard cependant, car plusieurs millions de petits pieds s’occupent activement de taper le sol pour interrompre la conversation, et je ne vois pas comment ils pourraient manque de finir par la contrôler. L’avenir leur appartient, la maturité sera manifestement de plus en plus dévalorisée. Longfellow a écrit un charmant petit poème intitulé L’Heure des enfants, mais il aurait pu l’appeler Le siècle des enfants.  Et je ne parle pas seulement des petits enfants, je parle de tout ce qui a moins de vingt ans ». Mona Ozouf, Pour rendre la vie plus légère, p.67, Stock.

samedi 25 avril 2020


"L'on s"accoutume trop dans la solitude à ne penser que comme soi" Fontenelle in  Pour rendre la vie plus légère  de Mona Ozouf sous la direction d'Alain Finkielkraut. P. 38. Stock

vendredi 27 mars 2020


La vie, dit Iris Murdoch, a une manière maladroite et boiteuse de défaire ce qui a l’air acquis. In Pour rendre la vie plus légère de Mona Ozouf, Stock, p 12


jeudi 10 octobre 2019

Le quatrain à la Gainsbourg:
" Du Champ,
  Du Brut,
  Des Vamps,
  Des Putes "

jeudi 15 août 2019

"La nature est aimée par ce qu'il y a de meilleur en nous" Ralph Waldo Emerson (1803 - 1882)

« Ils ne nous pardonneront jamais le mal qui nous ont fait » Marceline Loridan-Ivans in Delphine Hovilleur. Réflexions sur la question antisémite. Grasset. 2019. P. 135

Être « authentiquement soi » ; cette quête d’absolu se trouve déclinée aujourd’hui dans tant de discours publicitaires, politiques ou identitaires. Rhétoriques nationalistes, xénophobes, anticolonialistes, altermondialistes, sionistes ou propalestiniennes… aussi éloignées que soient les projets ou les idéaux des uns et des autres, s’y retrouve fréquemment l’idée qu’il faudrait se débarrasser de tout ce qui dans nos identités nous a contaminé ou perverti, les étrangetés ou les impuretés, les soumissions ou les dominations, et ainsi réparer l’Histoire, en redevenant soi-même ou en l’étant enfin.
Mais existe-t-il une pureté identitaire à reconquérir ? Delphine Hovilleur. Réflexions sur la question antisémite. Grasset. 2019. P. 150

vendredi 28 juin 2019


Les hommes font semblant de respecter le droit et ne s’inclinent jamais que devant la force. Albert Camus, Le premier homme, Gallimard, p. 199.

vendredi 24 mai 2019


 L’oncle Joseph qui, lui, ne parlait que le mahonnais et que Jacques admirait à cause de ses cheveux blancs au-dessus d’un beau visage rosé et du sombrero noir qu’il portait même à table, avec un air d’inimitable noblesse, véritable patriarche paysan, à qui cependant il arrivait de se soulever légèrement au cours du repas pour lâcher une sonore incongruité dont il s’excusait courtoisement devant les reproches résignés de sa femme. Albert Camus, Le premier homme, Gallimard, p. 126.

dimanche 10 mars 2019

Nous pouvons discuter avec Socrate, douter avec Carnéade, trouver la paix avec Épicure, maîtriser la nature de l'homme avec les Stoïciens, la dépasser avec les Cyniques. Puisque la Nature nous permet de communiquer avec n'importe quelle époque, pourquoi ne pas quitter cet étroit et éphémère passage de notre vie et ne pas nous lancer de tout notre être dans les espaces illimités, éternels et où nous pouvons côtoyer ceux qui sont meilleurs que nous ?
Aucun d'entre eux ne sera avare de son temps, aucun ne manquera de renvoyer son visiteur plus heureux et plus en paix avec soi-même qu'à son arrivée, aucun ne laissera quiconque repartir les mains vides.  Sénèque  De Brevitate Vitae. p.57 Rivage Poche/Petite Bibliothèque. 

vendredi 1 février 2019


Les années d’études sont les seules années heureuses, les seules années où l’avenir paraît ouvert, où tout paraît possible, la vie d’adulte ensuite, la vie professionnelle n’est qu’un lent et progressif enlisement, c’est même sans doute pour cette raison que les amitiés de jeunesse, celles qu’on noue pendant ses années d’étudiant et qui sont au fond les seules amitiés véritables, ne survivent jamais  à l’entrée dans la vie d’adulte, on évite de revoir ses amis de jeunesse pour éviter d’être confronté aux témoins de ses expériences déçues, à l’évidence de son propre écrasement.Michel Houellebecq. Sérotonine. Flammarion. p 148.