Extrait du livre « Autobiographie »
p. 188
Auteur Eddy Mitchell
Avec Etienne Chatiliez,
c’est une belle rencontre. On partage le même sens de la dérision : on a
tendance à prendre au sérieux le dérisoire et à rendre dérisoire les choses
sérieuses. La politique, par exemple, il s’en fout encore plus que moi. Il paie
ses impôts, il ne vole personne, mais il ne croit absolument pas à la
politique. Dès qu’il voit un politicien à la télé, il coupe le poste. Il n’est
même pas désabusé, il n’y a jamais cru. C’est très reposant.
C’est en plus un
très bon directeur d’acteurs. Il développe une relation de confiance avec ses
comédiens. Il est exactement à l’opposé d’un Mocky, par exemple. Il ne s’agite
pas, il n’est jamais surexcité, il a le don de faire croire qu’il disparait sur
le tournage alors qu’il reste toujours très vigilant. Il explique doucement,
sans se faire remarquer, il suggère et ne démontre jamais bien lourdement comme
d’autres, qui vous soûlent d’indications pendant des heures. Lui, il dit
seulement : « Moteur. Action. Vas-y »
Il peut être
ferme, bien sûr, mais à sa façon. Ainsi, il obtient ce qu’il veut. Il ne se
cabre jamais. Après une scène, il dit régulièrement : « elle est excellente
on va la refaire. »
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire