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mardi 14 janvier 2025

 

Extrait du livre « Autobiographie » p. 188 

  Auteur Eddy Mitchell

Avec Etienne Chatiliez, c’est une belle rencontre. On partage le même sens de la dérision : on a tendance à prendre au sérieux le dérisoire et à rendre dérisoire les choses sérieuses. La politique, par exemple, il s’en fout encore plus que moi. Il paie ses impôts, il ne vole personne, mais il ne croit absolument pas à la politique. Dès qu’il voit un politicien à la télé, il coupe le poste. Il n’est même pas désabusé, il n’y a jamais cru. C’est très reposant.

C’est en plus un très bon directeur d’acteurs. Il développe une relation de confiance avec ses comédiens. Il est exactement à l’opposé d’un Mocky, par exemple. Il ne s’agite pas, il n’est jamais surexcité, il a le don de faire croire qu’il disparait sur le tournage alors qu’il reste toujours très vigilant. Il explique doucement, sans se faire remarquer, il suggère et ne démontre jamais bien lourdement comme d’autres, qui vous soûlent d’indications pendant des heures. Lui, il dit seulement : « Moteur. Action. Vas-y »

Il peut être ferme, bien sûr, mais à sa façon. Ainsi, il obtient ce qu’il veut. Il ne se cabre jamais. Après une scène, il dit régulièrement : « elle est excellente on va la refaire. »

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